JAMAIS LE MARDI A VU:

 -BLACK PANTHER.

-3 BILLBOARD.

-LA FORME DE L'EAU.

Black Panther de Ryan Coogler .

Un film qui illustre 

 

Adaptation très libre de la bande dessinée homonyme, Black Panther connait un succès immense à travers le monde, parfois même évoqué comme un véritable phénomène.

Le film est le premier à mettre en scène un super héros noir dans son propre univers, largement inspiré des traditions africaines. Dans la lignée des autres Marvels, le film s’appuie sur un casting trois étoiles (Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Jordan, Angela Bassett, tous excellents), une réalisation soignée et un rythme soutenu mais se perd dans des complications scénaristiques dispensables et demeure bien un film adressé aux adeptes de super-héros.

Le long-métrage offre, cependant son lot d'effets visuels de qualité. Citadelle étourdissante, course poursuite effrénée dans les rues de Séoul, combats épiques au pied des falaises ou dans les plaines africaines, Marvel Studios maîtrise ses effets spéciaux comme toujours.

Un trait d'originalité que finira de souligner la somptueuse bande musicale composée par Ludwig Göransson, dont les sonorités africaines sont d'un exotisme enchanteur, sans oublier la participation remarquée du rappeur Kendrick Lamar.

Black Panther restera davantage le symbole d’une avancée marquante (bien que tardive) pour la diversité des représentations sur grand écran, qu’un chef d’oeuvre du septième art. Troisième long métrage de Ryan Coogler, Black Panther est peut-être simplement la meilleure occasion de redécouvrir Fruitvale Station, son très beau premier film.

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

de Martin McDonagh.

le film évoque une Amérique

 

 

Nominé sept fois aux Oscars et annoncé comme un des favoris dans la compétition.

 Three Billboards raconte l’histoire d’une mère meurtrie (incarnée par Frances McDormand) cherchant à faire réagir les autorités après le viol et le meurtre de sa fille adolescente. Le film ne laisse pas indifférent tant le rythme est déconstruit et surprenant. Marqué par un humour très noir et une violence omniprésente sous toutes ses formes, le film évoque une Amérique sans éducation, dans sa crasse et sa bêtise.

Par un habile mélange des genres, Three Billboards joue avec les nerfs de son spectateur sans jamais cesser de le captiver ; Frances McDormand n’y est évidemment pas pour rien. L’actrice par un jeu solaire et un charisme impressionnant parvient à nous faire accepter, et même comprendre tous les choix de son personnage.

Ecoeurant, frustrant et tragique, le film affronte son sujet des plus difficiles avec une cruauté implacable et rarement vue ainsi au cinéma.

La forme de l'eau de Guillermo Del Toro.

 

Récompensé par le Lion d’or à la Mostra de Venise 2017 et récemment cité par Donatella Versace comme étant le meilleur film jamais fait, La Forme de l’eau raconte l’histoire d’amour entre une femme sourde et une créature fantastique unis par le même sentiment de solitude. Si le film peut sembler être un film fantastique dans la lignée du Labyrinthe de Pan, il s’en distingue par bien des aspects. Pas de sensationnalisme cette fois, le fantastique n’est présent qu’à travers la créature et ses pouvoirs ; il n’est fait que peu de mystère autour de son apparence et sa nature, le noyau du film n’étant pas là.

La créature s’inscrit dans une lignée de personnages « différents » : la femme de ménage sourde d’origine latine, l’artiste homosexuel incompris, la femme noire victime de racisme, l’espion soviétique intègre, tous sont rassemblés face à un ennemi commun : l’agent du gouvernement terrifiant, répugnant, personnification même de l’Amérique de Trump (certes avant l’heure) incarné par le brillant Michael Shannon. Le rejet de la différence est bien la thématique principale du film. L’alchimie entre ces deux personnages atypiques reste bien mystérieuse, il n’est pas permis au spectateur de s’identifier ou de comprendre cet amour, il ne peut en fin de compte qu’en admirer la poésie et la beauté. Et si la fable fantastique cachait une leçon de tolérance universelle ?

Merci aux illustrateurs: 

Cosma Come.

Baye-Dam Cissé.