Plus de 169 000 infections sur Terre. 81 000 localisées en Chine, 28 000 en Italie, 5 430 en France.

Le COVID-19, c’est plus de 7000 décès dans le monde à ce jour. 

Le COVID-19 fait partie des coronavirus, une large famille de virus qui provoque des maladies allant du rhume à des pathologies plus sévères comme le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère).

Détecté à Wuhan, en Chine, Le COVID-19 sévit depuis le milieu du mois de décembre 2019 et serait issu de produits d’origine animale issus du Hunanan Seafood, le grand marché de la ville.

En l’espace d’un mois, ce qui était initialement une épidémie géographiquement restreinte s’est brutalement transformée en pandémie mortelle touchant presque tous les pays du globe, accélérée par les flux importants de déplacements entraînés par la mondialisation.

Fermeture de frontières, confinement de la population, déclarations d’état d’urgence, suspensions de liaisons aériennes et maritimes… L'impact mondial de COVID-19 augmente chaque jour et pour des millions de personnes dans le monde, les rythmes de vie habituels sont, à ce jour, mis en suspens. 

La pandémie du coronavirus COVID-19 met l’économie mondiale à rude épreuve et le secteur du luxe est particulièrement affecté par cette crise sanitaire. 

D’après les estimations de Vogue Business, la région Asie-Pacifique sera probablement la plus durement touchée après coups. Mais l’ampleur est tellement conséquente pour le marché que les marques qui pensaient à tord que l’Europe et les États-Unis pouvaient rester en dehors des soucis de perturbations de production et de consommation… seront bientôt également obligées de reconsidérer leur stratégie.

Après 6 semaines de confinement, la Chine a récemment annoncé une reprise progressive de l’activité, ce qui pourrait permettre aux ventes chinoises d’augmenter à nouveau petit à petit. Mais un phénomène très particulier rentre en jeu : selon un sondage réalisé par Vogue Business auprès des chinois, 63.5% des personnes interrogées déclarent que leur consommation du luxe ne sera pas affectée par le COVID-19. On parle alors de « dépenses de revanches » : c’est l’impatience des consommateurs à dépenser après en avoir été empêchés pendant plusieurs semaines. Ce phénomène pourrait bien favoriser un second souffle au marché après cette période de crise. 

De leurs côtés, en Italie, le gouvernement ayant imposé un confinement du territoire national jusqu’au 3 avril, les entreprises italiennes doivent s’adapter aux nouvelles méthodes de travail consécutivement au retombées du COVID-19. 

Rappelons que l’Italie est le premier producteur des bassins de cuir et d’articles en cuir, et notamment pour les marques des mastodontes LVMH et Kering et les italiens Tod’s et Prada.

Le pays compte plus de 1 200 entreprises dans le secteur de la tannerie, dont 75 % de la production est dédiée aux exportations. Sans oublier le secteur de la manufacture de cuir, qui réalise plus 115 milliards d’euros de CA dans le pays. Les marques ayant donc à produire en Italie font face à de grosses difficultés dans leur activité et voient leurs ventes chuter de manière drastique actuellement.

Qui dit crise sanitaire, dit annulation. Annulation des défilés de collections croisières pour

Giorgio Armani, annulation de shows pour Versace et Gucci…  La liste des évènements dans le luxe reportés pour motif : « COVID-19 » s'allonge.

« Luxe Pack Shanghai » , le célèbre salon du packaging, et « Esxence », le salon de la parfumerie de niche à Milan, ont également dû reporter leurs dates de plusieurs semaines.

De nombreux groupes et marques de luxe cherchent à soutenir la lutte contre le virus. Les entreprises du secteur se mobilisent pour soutenir les efforts ; le français LVMH va notamment produire du gel

Hydro-alcoolique dans trois de ses usines de parfums et cosmétiques en France. 

Douze tonnes seront distribuées gratuitement aux hôpitaux français qui luttent contre la pandémie de coronavirus. 

LVMH et Kering ont également fait un don total de 3,2 millions de dollars à la Croix-Rouge chinoise et à la Fondation de la Croix-Rouge Hubei. Parmi les autres donateurs, on peut citer Richemont, Prada, Versace, et Hermès

De plus, la situation italienne actuelle (l’Italie est le deuxième pays le plus contaminé) suscite particulièrement les réactions alarmées des Maisons natales : Giorgio Armani a fait don de 1,25 million d'euros aux hôpitaux de Milan et de Rome et à l'Institut de la protection civile, tandis que Bulgari a livré un microscope de nouvelle génération à l'hôpital Lazzaro Spallanzani de Rome.

Actions purement éthiques ou stratégiques pour redorer son image en période de crise ?

Les marques de luxe ont été contraintes de suivre les dispositifs mis en place par les gouvernements pour empêcher la propagation de COVID-19. Le télé-travail, recommandé pour éviter les contacts sociaux, a donc été introduit par de nombreuses entreprises de l'industrie de la mode, dont Inditex (propriétaire de Zara), ainsi que Condé Nast (Vogue, Glamour…) qui a fermé ses bureaux en Chine, au Japon et en Europe. Le segment de l’automobile, avec notamment la fermeture des usines de Ferrari à Maranello, est aussi en chute libre ; sans parler du tourisme de luxe, évidemment interrompu (50 millions d’emplois menacés).

Mais l’un des nombreux défis à surmonter reste pour l’instant la gestion des stocks saisonniers invendus (actuellement en hausse de 32 %), alors que la demande plonge dans le monde entier (pour le moment, on place la santé avant les Birkin).

La pandémie COVID-19 représente pour le monde une épreuve de résistance économique sévère et brutale. Il s’agit d’un choc sur les marchés mondiaux qui frappe tous les pays et toutes les populations, de manière plus ou moins égale. 

Cette crise appelle donc à une réponse commune à l’échelle mondiale. 

Mais il s’agit également, à plus petite échelle, d’une opportunité pour les leaders du secteur du luxe de gérer la peur de leurs clients et de tenir leurs responsabilités. Rappelons que le secteur du luxe est l’un des secteurs les plus porteurs de croissance, avec un chiffre d’affaire mondial de 276 à 281 milliards d’euros en 2018. C’est l’un des marchés les plus productifs du monde ! 

Cette crise est donc une occasion pour les Maisons de se souder et de renforcer la confiance de leurs clients ou prospects en faisant preuve d’unité, de résilience et de solidarité pour surmonter ces difficultés. Il leur appartient de démontrer que le luxe peut contribuer à la réponse à la crise et est capable de mettre en place des actions de soutien concrètes.

RAPPEL AUX LECTEURS
La règle générale pour se protéger et protéger les autres du COVID-19 est très simple : restez chez vous. C'est seulement ainsi que vous pourrez aider à stopper la propagation du virus.