JAMAIS LE MARDI A RENCONTRÉ :

Stencia

Elle avançait vers moi d’un pas rapide et déterminé, de cette démarche féline qui la caractérise tant.

En la voyant arriver, un sourire timide illuminant son merveilleux visage, je lui pardonne immédiatement ses dix minutes de retard.
Elle a cette allure et cette beauté singulière à la Grâce Jones. Le genre de beauté qui vous frappe et que vous n’oubliez pas.
Nous échangeons une affectueuse accolade et c’est avec embarras qu’elle s’excuse de son retard. Je balais ses excuses d’un geste de la main, comment pourrais-je le lui reprocher moi qui suis si souvent en retard.
Je suis impatient de la prendre en photo pour l’interview que nous lui consacrons aujourd’hui, car Stencia n’est pas une artiste comme les autres.
Hormis le fait que nous soyons amis, c’est aussi une danseuse incroyable (demandez à Stromae), une photographe de talent, en atteste ses nombreuses expositions et un modèle remarquable (vous avez certainement vu sa tête placardée une ou deux fois dans le métro ou en vitrine).
Stencia est une artiste qui a plusieurs cordes à son arc en plus d’être une femme d’une gentillesse extraordinaire.
Malgré son emploi du temps chargé elle a su nous consacrer une matinée afin de poser avec son aisance naturel sous l’objectif de la photographe Maude Roudier.
Rencontre donc avec cette artiste aux multiples talents MADE IN LYON.

 

Bonjour Stencia, peux-tu te présenter, nous dire qui tu es et ce que tu fais?

Yes, je m'appelle Stencia, mais tu peux m'appeler aussi "perebisou".

J'ai 25 ans, je suis danseuse/photographe/modèle, et je vis à Paris.

Tu es une danseuse extraordinaire, explique nous un peu ton parcours, comment as-tu intégrer le monde de la danse?

 

Oh wow, "extraordinaire", tout ça pour moi haha ! Merci.

 

Mon parcours est peu commun (quoi que, je ne pense pas être la seule à avoir ce parcours là). Je commence la danse à 18 ans, à mon retour de Nice où j'avais effectué ma première année d'études supérieures.

 

A l'époque c'était ma grande sœur qui m'avait encouragée à aller prendre des cours (elle-même dansait). J'étais très timide, c'était une façon de me challenger, alors j'y suis allée. Au fur et à mesure des semaines, ça devenait une évidence, danser occupait mon esprit quotidiennement, c'était devenu "vital".

 

Puis lorsque j'étais en 1ère année de master, j'ai entendu parler d'une formation de danse sur Paris. J'ai passé l'audition, j'ai été prise et après avoir validé mon Master 1 (en 2015), j'ai quitté mon Lyon douillet pour Paris. Ce fut une des périodes les plus enrichissante et aussi une des plus difficiles de ma vie, mais je n'en retire que du positif.

La formation s'est terminée en 2017, et après j'ai sauté à pieds joints dans le grand bain du milieu professionnel.

 

Depuis, j'ai continué à grandir, à apprendre et j'ai la chance de pouvoir vivre de ce que je fais, mais surtout de travailler avec des chorégraphes et des artistes très talentueux.

 

Tu as déjà eu l'opportunité de travailler avec des grands noms de la scène française et internationale, peux-tu nous en dire plus? Avec lequel de ces artistes as-tu préféré travailler?

 

Je crois que l'artiste qui m'a le plus marquée reste Stromae. C'est une personne très humble, extrêmement bienveillante et qui te fait te sentir bien, et être au contact de ce genre de personnes dans le cadre du travail c'est très important. Après j'ai apprécié chacune des expériences que j'ai pu avoir.

Les artistes pour lesquels j'ai travaillé sont finalement très simples, et c'est un réel plaisir à chaque fois.

 

On a pu observer récemment une mise en avant "du Voguing" qui tend à devenir en France le même phénomène qu'Outre-Atlantique. Peux-tu nous en dire plus sur ce phénomène et ce que tu en penses?

 

Au cours de ces deux dernières années, une lumière a été mise sur la Ballroom Scene française, mais ça a toujours été là (d'ailleurs le Voguing trouve son origine dans les 60's 70's à NYC), sauf qu'avant les médias, la mode ne s'y intéressaient pas forcément.

Aujourd'hui c'est devenu tendance, mais pour les membres de la communauté, c'est beaucoup plus que ça. Pour nous c'est un "safe space" dans lequel on peut être celui/celle que l'on veut, c'est l'endroit où on créer des liens familiaux et fraternels incassables, c'est l'endroit où l'on peut exprimer et exploiter toute la créativité qu'on a. Etre soi, au max. C'est une culture, pas une tendance.

 

Pour ma part, le Voguing est venu à moi dans un moment de ma vie où j'étais très mal, et ça m'a permis de relever la tête. C'est un endroit qui te force à t'assumer, à être toi, à être fier-e de ce que tu représentes. C'est un moyen de te présenter à la société, en t'aimant de façon inconditionnelle, en disant

"This is me, take it or leave it".

 

Tu es aussi photographe et modèle, parle nous un peu de tes expériences dans ces différents domaines?

 

J'ai commencé la photographie en 2015, avec le projet "Beautiful People : What Is Beauty". Pareil, la photographie est venue à moi parce que je voulais exprimer et raconter quelque chose. C'est cool de voir que grâce à un moyen artistique, on peut faire passer un/des message-s et toucher les autres aussi. J'ai eu la chance de pouvoir exposer à plusieurs reprises le projet "Beautiful People : What Is Beauty", dans plusieurs villes de France, dans des moyennes et grandes structures, et c'est vraiment une chance.

 

Concernant le modelling, j'ai commencé il y a à peu près 2 ans je crois. Aujourd'hui tout est lié tu sais, les marques travaillent beaucoup avec des danseurs pour leurs projets. J'ai pu poser pour des "grosses" marques (Urban Outfitters, Nike, Maison Valentino entre autres), mais aussi pour les marques d'amis et c'est cool.


Comment parviens-tu à gérer ce flot d'énergie créative? Décris nous un peu ce que c'est une journée dans la vie de Stencia?

 

Hahaha, y a pas réellement de journée type à vrai dire. Jusqu'ici je vivais entre Lyon et Paris donc je passais beaucoup de temps dans les TGV (TGVMAX WHA'UP), donc rien de très glamour. Ma vie, en réalité c'est beaucoup d'allers et retours, de voyages en train, de valise que je traîne derrière moi. Mais en règle générale, ça varie entre répétitions, ou jobs. Ou sinon quand je n'ai rien, je suis chez moi à Lyon, et je chill.

 

Aujourd'hui quelle regard portes-tu sur ton travail et ta vie d'artiste?
 

Je dirais que je suis très fière de mon parcours, et de ce que j'ai pu accomplir au cours de ces deux dernières années. Rien n'est acquis, il faut toujours travailler dur, se surpasser, et être la meilleure version de soi. Mais ouais. Je suis assez fière, et très optimiste pour l'avenir.

 

 Quels sont tes projets à courts, moyens et longs termes ?
 

A partir de novembre je commence les répétitions de la tournée d'Aya Nakamura, ça va être vraiment chanmé. Et à compter de décembre, je vais commencer une création d'1h30 avec la Philarmonie de Paris, mise en scène par Marie-Eve Signeyrole, où nous sommes deux interprètes. Et à partir de début 2020, cette création sera présentée dans les opéras et auditoriums de France (dont l'auditorium de Lyon, si vous êtes là, venez nous voir). Ça c'est pour les projets à court/moyen terme.

 

Et sinon, le projet à long terme c'est de continuer à faire ce que je fais, apprendre, grandir, m'enrichir des différentes expériences que je peux avoir, et devenir la meilleure version de moi. "

Pour illustrer cette article, Stencia a acceptée de se glisser dans la peau du mannequins. Découvrez sans plus tarder notre prise de vue sous l'objectif de la talentueuse Maude Roudier.

Photographe : Maude Roudier.

Mannequins: Stencia.

Stylisme: Joshua Servier.

Maquillage: Charlotte Magrit.

Studio: Women Lyon.